Le territoire aubois a été peuplé dès le Paléolithique inférieur (vers 400 000 av.JC), comme en attestent des bifaces découverts dans le département. Les mines de silex du Pays d'Othe fournirent de la matière première aux premiers occupants de notre contrée.
C'est vers 4000 av.JC que furent érigés les premiers mégalithes, dont 34 spécimens, menhirs et dolmens, sont recensés dans le département, plus particulièrement dans les cantons de Marcilly-le-Hayer et Nogent-sur-Seine. Des groupes d'agriculteurs vivent alors près des points d'eau et en bordure des forêts, dont le bois est utilisé pour la construction de maisons.
Autour de 2000 av.JC, le travail de la métallurgie marque l'entrée dans l'âge du bronze. Des épées, poignards, céramiques et parures datant de cette période ont été retrouvés dans le Nogentais. Le premier âge du fer se développe à compter de 800 av. JC. Des services à vin découverts dans le département témoignent de contacts avec les contrées du bassin méditerranéen.
La peuplade gauloise des Tricasses (dont dérive le nom de la ville de Troyes) s'installa dans le département au moins à partir du 6ème siècle av. JC, à compter duquel on en trouve des traces d'occupation. Le peuplement tricasse s'étirait probablement le long de la Seine, jusqu'au Nogentais.
A l'époque gallo-romaine, le territoire tricasse gagna en importance, avec l'octroi du statut de cité à leur capitale d'Augustobona, l'actuelle Troyes, traversée par la stratégique via Agrippa, reliant Milan à Boulogne-sur-Mer (l'actuelle rue de la Cité emprunte le tracé de l'antique via Agrippa).
Période médiévale :
C'est au Vème siècle de notre ère qu'apparurent les premiers paroisses du futur département de l'Aube. En 451, Attila se présenta aux portes de Troyes. Celle-ci fut sauvée par les négociations de l'évêque Saint Loup. La tradition place autour de Dierrey-Saint-Julien et Dierrey-Saint-Pierre les fameux Champs Catalauniques où fut vaincu le roi des Huns.
En 575, à l'époque du morcellement du royaume mérovingien, apparut un duché de Champagne autour de Troyes. De 888 à 925, Troyes fut la proie des attaques normandes, la ville étant incendiée en 898. La fonction de comte, apparue au 9ème siècle, devint héréditaire au siècle suivant.
C'est en 1022 que fut fondée par Eudes II, comte de Blois, la dynastie des comtes de Champagne. Trois comtes s'illustrèrent plus particulièrement :
Thibaud II (1037-1090), qui développa l'abbaye de Clairvaux et les foires de Champagne
Henri Ier le Libéral (1152-1181), fin letttré et diplomate, qui contribua à renforcer le succès des foires et désamorça plusieurs conflits entre son suzerain, le roi de France, et des ennemis potentiels
Thibaud IV le Chansonnier (1201-1253) : connu pour ses chansons, ce comte, par ailleurs roi de Navarre, assura l'expansion économique de la Champagne. Il se brouilla plusieurs fois avec son suzerain et partit en 1239 en croisade en Terre Sainte, où il obtint la restitution de Jérusalem aux Chrétiens.
Les foires de Champagne se sont développées à Troyes à partir du 10ème siècle, bénéficiant de la position de carrefour des routes de la ville. Elles ont ensuite pris leur entière mesure suite aux initiatives du comte Thibaud II, à partir du règne duquel des marchands affluèrent de toute l'Europe vers Troyes. De lieu d'échanges commerciaux, les foires de Champagne évoluèrent peu à peu vers une fonction spéculative. En 1285, le comté de Champagne fut rattaché aux domaines de la couronne de France. La Guerre de Cent Ans vint définitivement mettre fin à la période brillante de ces foires.
Durant ce conflit, Troyes connut les affres de la Grande Peste (1348-1349). En 1420, par le « honteux » traité de Troyes, le roi Charles VI déshérita son fils et reconnu pour successeur l'enfant à naître du roi d'Angleterre et de sa fille . La Champagne fut alors entièrement administrée par le duc de Bourgogne, Philippe le Bon. En 1429, le fils de Charles VI, devenu le roi Charles VII, fit son entrée dans Troyes avec l'aide de Jeanne d'Arc. Durant les dernières décennies du conflit, l'aube fut ravagée par les offensives anglo-bourguignonnes ainsi que par les pillages d'anciens soldats devenus brigands.
Renaissance et Ancien Régime :
Durant les guerres d'Italie (1494-1559), l'Aube subit à plusieurs reprises les pillages de déserteurs des armes impériales. Troyes subit des épidémies de peste en 1522 et 1529. En 1524, un incendie ravagea la cité tricasse. La reconstruction de cette dernière lui donna le style qui fait aujourd'hui encore le cachet et la renommée de son centre-ville.
La Réforme rencontra un réel succès dans l'Aube, le Pays d'Othe devenant un foyer du Protestantisme naissant. Nos contrées connurent durant les guerres de religion leur triste lot de massacres. La ville de Troyes, fidèle à la ligue catholique des Guises, se donna finalement à Henri IV suite à la conversion de ce dernier au Catholicisme. Le « bon roi Henri » fit son entrée dans Troyes en 1595.
Les ravages de la Guerre de Trente Ans (1618-1648), les conflits de Flandre et de Hollande (1667-1672) ainsi que la révocation de l'Edit de Nantes (1685) ayant entraîné le départ de nombreux travailleurs protestants provoquèrent le ralentissement de l'économie locale et notamment un effondrement des exportations. Troyes ne comptait plus que 18 000 habitants en 1700.
Le 18ème siècle vu les débuts de la bonneterie dans l'Aube, avec des premiers métiers mécaniques installés à Arcis-sur-Aube en 1730 et à Troyes en 1746. Plus de 500 métiers à tricoter et 2 700 métiers à tisser existaient à Troyes en 1785, pour une population de 25 000 habitants composée aux 2/3 d'ouvriers. Une crise éclata néanmoins en 1786 suite au traité de libre-échange avec l'Angleterre, provoquant le chômage de milliers de fileurs.
Révolution et Empire :
L'Aube fournit en la personne de Danton, natif d'Arcis-sur-Aube, un des révolutionnaires les plus fameux.
C'est le 19 janvier 1790 que fut créé le département de l'Aube, dans le cadre du redécoupage administratif de la France. Il est à noter que l'Aube comprit d'abord 5 arrondissements, ceux d'Arcis-sur-Aube et Bar-sur-Seine étant finalement supprimés en 1926.
Des excès révolutionnaires (émeutes, massacres de suspects) furent à déplorer à Troyes entre 1789 et 1794.
De passage à Troyes en 1805, Napoléon, qui avait entamé ses études militaire à Brienne-le-Chateau en 1779, décida de la construction du canal de la Haute Seine.
L'année 1814 vit se dérouler dans le département plusieurs batailles de la campagne de France (Brienne, La Rothière, Arcis-sur-Aube, Champaubert).
Période contemporaine :
En 1870, Troyes fut occupée par les armées prusiennes. Le département fut épargné par les offensives allemandes en 1914-1918, période durant laquelle il constitua une base arrière pour les armées françaises, Troyes faisant office de ville-hôpital. L'occupation nazie (juin 1940- août 1944) fut marquée par d'importants mouvements de résistance. La retraite de l'occupant fut accompagnée de nombreuses et sauvages exactions de la part des SS et de la Gestapo.
Dans les années 1830-1840, l'utilisation de la vapeur et l'invention par des Troyens du métier-chaîne et du métier-circulaire font de la cité tricasse le centre technologogique de la bonneterie française. Entre 1870 et 1910, des usines furent construites à l'extérieur de Troyes, dont la population passa à 55 000 habitants en 1911. Des dynasties familiales et des lignées ouvrières suivirent des destins parallèles. Une architecture « Belle Epoque » se développa à proximité des usines.
Après la Seconde Guerre Mondiale, l'industrie de la maille redémarra, portée par une forte demande des consommateurs ainsi que par les nouvelles technologies, notamment le nylon. Mais à partir de la fin des années 50, la concurrence française et internationale ainsi que la fin des exportations vers les colonies mirent à mal le fleuron de l'industrie auboise. A compter de 1976, les entreprises commencèrent à délocaliser et des ateliers à fermer. Les années 90 virent le développement des magasins d'usine, constituant une alternative au déclin de l'industrie textile. Les centres d'appel, la logistique, le tourisme ainsi que l'agriculture et la viticulture constituent d'autres atouts pour l'Aube dans le contexte de la mondialisation.
(Eléments issus du guide touristique "Troyes et l'Aube", édité par la Maison du Boulanger)(page mise à jour le 06/08/2008)